Le présent rapport annuel est une occasion importante pour l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada de communiquer avec les nombreuses parties prenantes – des ministres des Finances des provinces et du gouvernement fédéral, qui sont responsables du Régime de pensions du Canada, aux 16 millions de Canadiens qui cotisent au RPC ou en bénéficient.
IIl s’agit en tout premier lieu d’un examen de nos activités au cours de l’exercice écoulé et d’un aperçu de la situation financière de l’Office au 31 mars 2005. Le rendement de placement du fonds de réserve du RPC est présenté en détail dans une autre partie du rapport annuel. Cependant, en résumé, le fonds a réalisé un taux de rendement de 8,5 pour cent, rapportant ainsi un revenu de placement de 6,3 milliards de dollars pendant l’exercice terminé le 31 mars 2005, contre un taux de rendement de 17,6 pour cent et un revenu de placement de 10,3 milliards de dollars pendant l’exercice précédent. Compte tenu des 4,5 milliards de dollars de cotisations qui n’étaient pas nécessaires pour verser les prestations du RPC, le fonds de réserve s’est accru de 10,8 milliards de dollars au cours de l’exercice écoulé.
Les cotisations excédentaires et les gains de placement réalisés au cours des six premières années d’existence du programme de placement de l’Office ont porté la valeur du fonds de réserve de 44 milliards de dollars, à la fin du premier exercice, à 81,3 milliards de dollars, à la fin de l’exercice 2005. Et cette croissance est loin d’être terminée. L’actuaire en chef du Canada a en effet estimé que la valeur du fonds de réserve du RPC atteindrait environ 147 milliards de dollars d’ici 2010. Conformément au thème du présent rapport, Une vision d’avenir, je voudrais vous informer de ce que nous faisons aujourd’hui pour gérer l’actif actuel du fonds de réserve du RPC et la manière dont nous adaptons notre organisme pour nous préparer à la croissance future.
Lorsque je suis entré au service de l’Office à titre de chef de la direction en janvier dernier, la première étape du programme de diversification était achevée. Pendant ses premières années d’existence, l’Office s’est employé à diversifier le fonds de réserve du RPC, initialement investi à 100 pour cent dans des titres d’État à revenu fixe, pour constituer un portefeuille plus équilibré, comprenant aussi des actions et d’autres placements. L’apport de l’expertise professionnelle nécessaire nous a permis de diversifier le fonds de réserve de telle sorte que les titres d’État à revenu fixe représentaient, au 31 mars 2005, 39 pour cent de l’actif, les 61 pour cent restants étant placés dans des actions de sociétés ouvertes, des actions de sociétés fermées et, dans une moindre mesure, dans de l’immobilier et de l’infrastructure.
Nous continuerons de développer cette assise afin de créer d’autres capacités pour accroître encore l’ensemble du portefeuille. Les résultats de l’exercice écoulé sont fonction de plusieurs facteurs, parmi lesquels la composition actuelle du portefeuille et son stade de développement, la mise en œuvre encore incomplète de notre programme de diversification et le fait que, jusqu’à présent, l’Office détient relativement peu de placements à rendement réel, catégorie d’actif dont le rendement a été solide au cours du dernier exercice.
Pour l’exercice 2006 et au-delà, une de nos priorités est de diversifier encore davantage le fonds de réserve, en augmentant la part de notre portefeuille investie dans de l’immobilier, de l’infrastructure et d’autres placements à rendement réel. Pour y parvenir, nous allons acquérir l’expérience professionnelle dont nous avons besoin ainsi que la technologie et les capacités opérationnelles nécessaires pour faciliter des activités de placement additionnelles. Cela se traduira de toute évidence par une augmentation de notre budget de fonctionnement, mais elle restera proportionnelle à l’ampleur de la tâche de gestion des placements qui nous incombe.
Pendant l’exercice 2006, nous continuerons d’adapter l’approche sectorielle mondiale et la gestion active que nous avons mises au point pour les actions de sociétés ouvertes afin d’accroître l’efficience de l’ensemble de notre portefeuille. Nous développerons encore notre programme d’actions de sociétés fermées en augmentant nos engagements dans le cadre de nos partenariats actuels et en établissant de nouvelles relations avec d’autres gestionnaires de premier plan spécialisés dans ce type de placements, dans le monde entier. Au cours du prochain exercice, nous nous intéresserons aussi particulièrement aux placements qui, à long terme, suivent de près les prestations du RPC, indexées sur l’inflation.
Cette diversification a pour but d’accroître le rendement corrigé du risque du fonds de réserve. En exploitant une plus grande variété d’occasions de placement – tout en appréciant à la fois les risques et le rendement potentiel qu’elles représentent – nous ferons en sorte de continuer à générer le rendement de placement à long terme qui contribuera à la viabilité du RPC.
La diversification touche non seulement la composition mais aussi la répartition géographique du fonds de réserve. L’année dernière, l’Office a annoncé son intention d’accroître la proportion des placements internationaux du fonds de réserve du RPC, laquelle est actuellement de 25,9 pour cent. Du point de vue de l’actif directement géré par l’Office, qui continuera d’être un sous-ensemble du fonds de réserve du RPC jusqu’à l’achèvement, en juillet 2007, du transfert des titres à revenu fixe actuellement gérés par le ministère fédéral des Finances, nous nous conformons à la règle sur les biens étrangers comme beaucoup d’autres caisses publiques de retraite au Canada. Or, dans son récent budget, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il prévoyait éliminer la règle sur les biens étrangers. À l’heure actuelle, les caisses de retraite et les particuliers canadiens doivent limiter leurs placements étrangers à 30 pour cent de leur portefeuille de retraite enregistré, au coût. Cette restriction sera levée dès l’adoption de la loi habilitante.
À l’Office, nous nous réjouissons de cette nouvelle politique parce que nous pensons que l’élargissement des possibilités de placement profitera aux bénéficiaires du RPC. En effectuant plus de placements internationaux, nous pourrons diversifier davantage le fonds de réserve du RPC, ce qui réduira le risque de concentration et améliorera notre capacité d’accroître notre taux de rendement à long terme.
Les Canadiens peuvent être fiers du fait que le RPC est considéré à l’échelle mondiale comme un leader parmi les régimes de retraite nationaux. Les spécialistes du monde entier en matière de retraite reconnaissent qu’il a établi un cadre solide de bonne gouvernance et qu’il est viable. Les Canadiens peuvent aussi avoir confiance que l’Office poursuit son évolution en tant que chef de file des organismes professionnels de placement et qu’il est ainsi en mesure de gérer efficacement le fonds de réserve du RPC pour les générations présentes et futures.
Le président et chef de la direction,

David F. Denison
|